Entretien de Nathalie Ezerzer – CEO à Lipton Fit

Q : Bonjour, pouvez vous nous présenter en quelques mots votre entreprise et votre poste / mission au sein de celui-ci ?

 

Si je devais décrire la mission globale de l’entreprise je dirai que Lipton Fit cabinet d’études et de conseil qui adresse le monde de la banque et de la finance pour accompagner leur transformation. Pour me présenter rapidement, je suis Nathalie Ezerzer, dirigeante et fondatrice de Lipton Fit, entreprise née en octobre 1991. Ma mission est de conduire les entreprises,  leur évolution et leur transformation constante : changement de modèle vers l’entreprise libérée.

Q : Pourquoi utiliser ce système de management agile ? / d’entreprise libérée

 

L’intérêt de l’entreprise agile est de créer les conditions de l’innovation & être positionné sur les marchés émergents dans le but de créer de la valeur pour tous : tout acteur de Lipton fit est moteur du projet du développement de l’entreprise.

 

Q : Quels sont les avantages et/ou inconvénients de ce management ?

 

Le principal avantage est que nous avons une force de frappe supérieure dans le marché avec évidemment des retombées économiques positives. Le principal défaut est probablement la complexité d’un tel système : il faut être relié les uns aux autres pour agir en mettant les acteurs les plus pertinents à agir. Le fait d’être géographiquement distant peut être une problématique traitée, il peut y avoir plusieurs acteurs à différents endroits sans que cela soit un problème majeur mais toujours est il que cela complique un peu les choses (notamment au niveau de la synchronisation des décisions et actions). Finalement on a une impression de moins de fluidité alors que l’ensemble est plus fluide.

 

Q : Pouvez-vous nous illustrer avec un cas concret vécu, le système de management mis en  place chez Lipton Fit ? En quoi est-ce différent des autres cabinets conseil ?

 

L’originalité de Lipton fit par rapport aux cabinets de conseil classiques est que nous ne sommes pas organisé par centre de profit. Lipton fit est organisé par “cercle territoire” qui correspond à un ensemble géographique donné. Les employés ont alors des points de rencontre avec les autres employés et peuvent notamment aller chercher de nouveaux marchés en se raccrochant à ce cercle de soutien.Les acteurs de l’écosystème peuvent ainsi solliciter ce maillage de proximité pour définir les acteurs les plus pertinents.

 

Chez Lipton Fit nous évaluons des solutions digitales pour valider le choix de fintech pour valider un investissement. Notre problématique quotidienne est la suivante : comment un acteur jeune peut conduire l’entreprise dans un endroit pour lequel il n’est pas “naturel d’aller”. En effet, nous croyons qu’il existe, à la périphérie du système, des acteurs légitimes qui peuvent enclencher un projet à fort risque pour l’entreprise et le client et d’amener le projet vers le résultat attendu.   Dans les cabinets de conseil classiques, les jeunes sont “les petites mains” des seniors et les aident à “porter leur valise” mais ne prennent pas de risques.

 

Q : Sur quel(s) critère(s) basez vous la rémunération et les éventuelles promotions de vos employés ?

 

Les employés sont rémunérés sous forme de prime ou de “salaire variable” en fonction de leur capacité à créer de la valeur (pour le client et pour nous). Nous essayons d’évaluer la maturité du salarié & cette notion de salaire variable n’est pas conditionnée à l’avance (avec des KPI par exemple).

 

Q : Quelles sont les valeurs que vous recherchez en priorité chez des futurs collaborateurs ? Comment sondez vous ces qualités lors d’un entretien d’embauche ?

Comment se passe la prise de décision lors d’un recrutement ?

 

Les valeurs que nous recherchons sont  la capacité à prendre des risques, à oser, à agir, à se sentir légitime là où l’écosystème client peut ne pas le légitimer, repousser les limites, avoir envie d’aventure. Nous mesurons ces valeurs à travers le récit de leurs parcours ou de leur histoire personnelle.

 

Q : Concrètement, comment cela se passe t-il en cas de licenciement ?

 

Chez Lipton fit, les licenciements restent exceptionnels et résultent d’une faute grave. Dans ce cas là, nous suivons scrupuleusement les textes de loi. Généralement, la période d’essai permet de voir si l’employé va tenir ses promesses. C’est l’écosystème qui détermine si ce nouvel acteur peut s’intégrer ou non, un peu comme un greffon en médecine.

 

Q : Racontez nous, une difficulté rencontrée dans la mise en place d’une méthode agile et comment l’avez vous surmontée ?

 

A partir du moment où il faut faire évoluer un collectif entier, que l’on change d’ADN d’entreprise, cela implique des difficultés. Il faut modifier le rapport à soi : s’autoriser à prendre une nouvelle place dans l’entreprise. Ces changements demandent du temps mais aussi de l’argent. Il y a des périodes de doutes ou il faut en permanence rassurer chacun et avoir un fort degré de tolérance à “l’essai-erreur”.

 

Q : Si vous pouviez revenir en arrière, est-ce que vous feriez des choses différemment ?

 

Ma recommandation serait de faire attention au mode “kick-off” : il ne suffit pas d’annoncer qu’on va vers un transformation agile pour ques les salariés s’y fassent instantanément. Au moment de l’annonce on a déjà fait un cheminement de pensée, il faut laisser le temps à nos employés de faire leur propre cheminement et ne pas tout leur délivrer d’un seul coup.

 

Q : Comment envisagez-vous l’avenir pour le management de votre entreprise ? de nouvelles initiatives de management à mettre en place ?

 

Je dirai que l’organisation agile n’est pas un état en soi mais un chemin.  L’ensemble des acteurs de l’écosystème multiplie les initiatives. En ce moment, nous réfléchissons à des outils collaboratifs pour faire l’écho de notre organisation interne. Nous nous rapprochons d’une fintech qui crée une plateforme de ce genre. Cette initiative par exemple, a émergé directement du terrain. Il n’y a pas de prochaine étape déterminée c’est un cheminement permanent , tout ne vient pas du dirigeant :c’est cela la vraie incarnation du modèle.

 

Interview réalisée par Maureen Provot

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