Interview Audrey Dufresne – Office Manager chez Imfusio

 

Audrey Dufresne

 

” J’aime faire tout ce qui est invisible pour le client final mais qui est nécessaire à la réussite d’un projet, la partie cachée de l’iceberg. “

 

 

Q : Pouvez-vous me parler de vous, de votre parcours et de votre arrivée chez Imfusio ?

Je suis arrivée il y a 5 ans chez Imfusio, au poste de responsable communication. Quand je suis arrivée, ils venaient d’acquérir un grand local, suffisamment spacieux pour accueillir leurs clients, faire des formations et séminaires. Ils étaient en pleine structuration, réflexion d’aménagement et de travaux. Au départ j’étais en charge de tout l’aspect communication et gestion de l’événementiel, car avant de travailler chez eux, je faisait du tourisme d’affaire et de l’événementiel. Je suis arrivée via Yaël, un des co-fondateurs de l’entreprise. J’avais en fait travaillé avec sa soeur et c’est elle qui m’a dirigé vers lui quand elle a su que je cherchais du travail.

Q : Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre une entreprise agile? En aviez-vous déjà entendu parler avant?

Pas du tout ! Quand j’ai été mise en contact avec Imfusio, je suis allée voir leur site internet sur lequel j’ai vu le mot “innovation managériale”, et ca a été le néant total ! Je me suis quand même rendue à l’entretien et on m’a expliqué le mode de fonctionnement de l’entreprise. Je me rappelle que la première fois que j’ai passé la porte d’Imfusio, je me suis retrouvée dans un grand espace d’environ 80 m2, vide, rempli de post-it collés aux murs, il y avait des feutres et dessins partout, … J’ai vraiment cru entrer dans une école maternelle en cours d’expression artistique! Ils m’ont ensuite expliqué qu’ils venaient de terminer une formation et qu’ils n’avaient pas eu le temps de ranger. Et là je me suis dit “Wahou, je me sens comme à la maison”. De la manière dont les fondateurs m’ont accueilli, je me suis tout de suite dit que c’était fait pour moi, même si je ne comprenais absolument rien à ce qu’ils faisaient ! J’ai donc commencé par m’occuper de la communication mais comme nous travaillions dans un open space, j’étais très proche des consultants et je les entendais travailler. Un jour, une collaboratrice m’a dit qu’elle avait besoin de moi pour organiser un événement pour une entreprise. C’est comme ça que petit à petit je suis devenue consultante. J’ai fait ce métier pendant deux ans et demi, et maintenant je m’occupe de la gestion depuis 3 ans.

Au début je n’étais pas du tout câblée dans mon mode de fonctionnement, je n’étais pas du tout prête à vivre ca. Il m’a fallu un temps d’adaptation, pour bien comprendre ce nouveau cadre. J’ai même eu à plusieurs reprises des moments de doute. Je me demandais “Si l’aventure Imfusio s’arrête qu’est ce que je fais? “. Je m’étais engagée dans une aventure tellement incroyable que l’idée de travailler pour une autre société m’était inconcevable.

 

Q : Pouvez-vous m’expliquer comment et pourquoi cette entreprise a-t-elle été créée ?

Yaël et Nathalie se sont rencontrés au Japon en 2005. Quand ils sont rentrés en France, ils avaient tous les deux envie de monter leur entreprise mais pas seul. Ils ont alors discuté ensemble de leurs envies individuelles afin de déterminer s’ils avaient des objectifs communs. Il s’est avéré qu’ils partageaient un même souhait, celui de faire plaisir ! C’était leur postulat de base et le fait qu’ils aient tous les deux vécu au Japon les a poussé à travailler sur l’interculturel car ils avaient tous les deux eu des difficultés dans le monde du travail au Japon en tant que francais. Ils se sont donc dit que quand les japonais viendraient en France, c’est eux qui auraient des difficultés d’adaptation à cause du “choc des cultures”. Ils ont donc commencé à travailler à Paris pour préparer au mieux l’accueil des japonais et faciliter leur arrivée. Par des lectures et recherches personnelles, ils ont commencé à entendre parler des organisations agiles. Ils ont alors vite compris que “interculturel” et “intelligence collective” étaient très étroitement liés. Ces deux notions reposent sur le fait de faire travailler ensemble des personnes ayant à priori des fonctionnements différents et à trouver justement des moyens qui leur permettent de collaborer ensemble. C’est comme ca que tout a commencé.

 

Q : Selon vous qu’est ce que l’intelligence collective ?

Pour moi l’intelligence collective c’est un moyen. C’est le moyen de faire travailler des gens ensemble. Nous sommes tous individuellement différents, nous avons tous des fonctionnements différents, une éducation, des idéologies, une manière de penser différentes, qui font que lorsque plusieurs individus travaillent ensemble, ils peuvent avoir des points de désaccords ou bien des moments où ils ne se comprennent pas. L’intelligence collective nous permet de faire en sorte qu’il y ait un cadre de confiance et de dialogue qui permette à toutes ces individualités de travailler ensemble. Ensuite il y a aussi le fait de construire quelque chose ensemble, construire un projet d’entreprise, un projet d’équipe, une vision, etc. Et là on va ainsi permettre à toutes ces individualités de travailler ensemble pour que finalement, au bout d’un certain temps, ce qui était au départ un projet de l’un finisse par être le projet d’un groupe de personnes.

 

Q : Comment est ce que vous l’appliquez aux autres entreprises?

Nous avons un modèle de transformation que nous avons développé et qui a été élaboré suite à différents accompagnements que nous avons eu avec différentes entreprises, différents secteurs d’activités. Aujourd’hui, grâce à ce modèle, nous savons comment faire. En revanche, ce modèle n’est pas superposable d’une entreprise à une autre puisque les personnes qui mettent en place ce projet sont les collaborateurs de l’entreprise. Si nous arrivions en disant “il faut faire ci, il faut faire ca”, alors ca ne pourrait pas fonctionner car ce sont les personnes qui travaillent dans l’entreprise qui doivent être les acteurs majeurs du changement. Nous avons donc une ligne directrice, une grille de lecture qui est adaptée à chaque cas, à chaque entreprise. C’est ce qu’on appelle le modèle Labo-Proto-Transfo

 

Q : Selon vous, quelle est la principale différence entre Imfusio et un cabinet de conseil classique?

Je dirais que c’est notre volonté de ne pas vouloir rester avec nos clients. Dans notre mode de processus, nous disons au client: au début on fait pour vous, ensuite avec vous et après vous faites sans nous. Pour nous, on a réussi notre accompagnement le jour où nous pouvons dire à nos clients: vous n’avez plus besoin de nous. Dans notre accompagnement, nous formons nos clients, nous transmettons notre savoir pour les rendre indépendants et autonomes; et surtout qu’ils puissent adapter des outils que nous allons leur donner mais aussi une logique et une manière de penser.

 

Q : Avez-vous déjà eu des das d’entreprise qui sont revenus vers vous car ce que vous aviez mis en place avec eux ne fonctionnait plus ?

Nous n’avons pas eu véritablement d’échec mais des accompagnements avec lesquels nous avons arrêté de travailler. Ca nous est arrivé à deux reprises avec des entreprises parce que les dirigeants n’étaient finalement pas dans la même vision que nous. En fait les collaborateurs avaient envie de faire bouger les choses mais ça bloquait au niveau de la direction. Du coup, comme ils n’ont pas, dans les structures dans lesquelles nous arrivons, ce système de hiérarchie auquel ils sont habitués, et bien ca finit par bloquer. Si les dirigeants n’ont pas véritablement envie de changer alors ca ne peut pas fonctionner.

 

Q : Nous avons vu que vous aviez deux succursales, une à Montréal et une à Barcelone. Avez-vous constaté des différences de concept d’entreprise libérée avec l’étranger ?

Oui tout à fait. Nous nous somme installés à Montréal en pensant arriver en territoire conquis, nous étions convaincus que les mentalités étaient prêtes pour ce type de changement et qu’ils étaient en avance sur le collaboratif, etc, et en fait absolument pas. Nous nous sommes alors rendu compte qu’en France nous sommes très en avance sur ce point alors qu’à Montréal ils sont beaucoup plus orientés gestion de projet et exécution. Ils sont beaucoup moins dans la culture et la posture. Du coup, les gens vont travailler ensemble mais dans une optique de résultat mais chercher à se transformer eux-même en tant qu’individu.

 

Q : Du coup est ce que vous essayez de les amener vers un type d’organisation agile à la française ?

Non non, nous les laissons faire leur propre organisation agile. Nos équipes qui sont sur place à Montréal font avec le terrain de base, mais c’est pareil pour nous en fait. Quand nous arrivons dans des entreprises, certaines ne sont pas du tout carrelées pour fonctionner en mode agile et pourtant petit pas par petit pas les choses finissent par se mettre en place.

 

Q : Avez-vous un exemple d’entreprise libérée que vous trouvez particulièrement réussie ?

La notre ! C’est vrai il faut dire ce qui est, il y a encore 3-4 ans nous n’étions pas là. Sinon l’exemple qui me vient c’est Leroy Merlin.

 

Q : Comment se passe le changement dans une entreprise que vous accompagnez ? Comment faites-vous le suivi ?

En général on part toujours d’un prétexte. Par exemple pour Leroy Merlin Rhône Alpes, on avait des prétextes qui étaient la construction de leurs objectifs, ce qui nous a amené à les faire travailler différemment. Sinon nous avons aussi des formations grâce auxquelles nous leur permettons d’avoir des techniques, nous leur faisons travailler leur posture donc il va y avoir des bouleversements car il faut leur apprendre à appréhender les choses différemment. Ce qui est important aussi c’est que dans notre accompagnement nous expliquons toujours pourquoi nous faisons les choses. Il y a une transmission de savoir et de compétences qui sont toujours présentes.

Le suivi se fait ensuite naturellement avec le lien que nous créons avec nos clients. Même une fois nos missions abouties, nous gardons des contacts forts avec eux. Il arrive souvent que d’anciens clients nous appellent juste pour nous faire part d’une belle victoire.

 

Q : Parmi toutes les entreprises que vous avez accompagné, quel est le plus beau succès ?

Quelqu’un m’a dit un jour: en fait une entreprise libérée ça ne veut rien dire car ca n’a pas de sens, par contre, une entreprise libérante ça en a. C’est une entreprise qui va permettre aux collaborateurs de se libérer. Et chez Imfusio nous sommes libérants dans le sens où il y a des collaborateurs qui sont venus chez nous et qui sont repartis en faisant des choses complètement différentes. Par exemple, il y a quelques années, une employé d’Imfusio était là pour faire de la communication et quand elle est partie, elle était archéologue! Et pour nous c’est ca une entreprise libérante, c’est ce qu’il y a de plus beau: permettre aux gens de se libérer.

 

Q :  Pour conclure, quels sont les 3 mots illustrant le plus l’entreprise libérANTE selon vous ?

Confiance, bienveillance et respect. Respect des individus et respect du temps que ça prend. Même nous chez Imfusio nous n’allons pas tous au même rythme. Nous avons tous nos valeurs  mais pourtant nous nous respectons tous et c’est pourquoi ça fonctionne si bien.

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