Interview d’Olfa Maalaoui: Consultante senior chez LIPTON FIT

Olfa Maalaoui

Question n°1 :

Bonjour, pouvez-vous nous présenter en quelques mots votre entreprise et votre poste / mission au sein de celle-ci ?

J’ai 29 ans, j’ai 6 ans d’expérience, je suis chez Lipton Fit depuis plus de deux ans. J’ai un cursus finance et ai évolué du métier vers la gestion de projet et le conseil en banque et finance. J’ai effectué deux missions en régie chez nos clients depuis que je suis arrivée. J’ai commencé en tant que maitrise d’ouvrage et j’ai dernièrement effectué une mission de conseil, en dispositif avec d’autres consultants. Nous avons réalisé un diagnostic des processus métier au sein de la direction financière d’un grand groupe bancaire français. Je suis maintenant de retour au siège de Lipton et participe activement à la vie au sein du cabinet.

En effet, en parallèle à ces missions, j’ai d’autres sujets qui m’intéressent et que je porte avec d’autres consultants au sein de Lipton, dont le recrutement. Nous menons des actions pour faire connaître Lipton et développer notre réseau, et nous sommes amenés à travailler sur des sujets qui nous intéressent et que nous souhaitons porter et voir développer au sein du cabinet.

Il y a donc deux aspects dans mon métier: Consultant en mission chez le client et le développement de projets pour Lipton FIT, c’est le mode de fonctionnement du cabinet.

 

Question n°2:

En quoi l’agilité de l’entreprise se répercute sur le management ?

Lorsque j’ai été recrutée, j’ai effectué deux mois d’inter contrat au siège de Lipton FIT où je pouvais mener de manière autonome les actions qui me semblaient pertinentes et  découvrir le fonctionnement de l’entreprise, aller à la rencontre des consultants, travailler sur ce qui m’intéressais et cela m’a permis une intégration progressive.

Et  ce qui est agréable c’est qu’il n’y a pas de management top down, en effet les managers ont davantage un rôle de soutien, ils jouent un rôle de coach, d’accompagnateurs, ce qui nous permet d’être davantage autonomes et d’avoir un sentiment de liberté, d’entreprendre des projets, chez Lipton FIT les initiatives ne sont pas bridées mais encouragées.

Question n°3:

Quels sont les avantages et/ou inconvénients de ce management ?

J’apprécie le fait que nous définissions nous même ce sur quoi nous voulons travailler. Cela est plus porteur pour le cabinet car nous ne sommes pas forcés à le faire et je ne retrouve pas cette méthode de travail, cette liberté d’entreprendre et cette confiance chez les clients ou dans d’autres entreprises concurrentes.

Il y a une bonne ambiance et on se connaît bien, il y a de nombreux événements où nous avons l’occasion de nous rencontrer et de travailler ensemble sur des projets internes.

Pour les inconvénients, personnellement, je suis quelqu’un de très impliquée et cela peut être fatiguant lorsqu’on est en mission chez le client et que nous portons dans le même temps des projets pour Lipton FIT. Mais nous pouvons très bien nous mettre en retrait d’un projet si  notre mission nous demande davantage d’investissement ou  bien simplement si cela nous intéresse moins, que cela nous correspond moins ou si nous pensons que notre rôle n’est plus pertinent sur le sujet. On se repositionne sur les sujets que l’on veut quand on veut. L’avantage également c’est que nous travaillons en équipe, d’autres peuvent prendre le relais ou se réapproprier le sujet. On se back-up entre nous. Il y a des initiatives, des projets, qui aboutissent et d’autres non… peut être que ce n’étais pas le bon moment ou la bonne manière d’aborder le sujet, mais dans tous les cas c’est une belle aventure qu’on a co-construit et cela nous fait grandir. Et ce n’est pas toujours facile de faire son deuil de cette initiative avortée mais il faut apprendre également à lâcher prise.

La transition vers l’entreprise libérée a peut-être été un peu plus compliquée pour certains car Lipton a progressivement changé sa manière de fonctionner. Cette transformation était déjà en cours lorsque j’ai intégré le cabinet et j’y ai tout de suite adhéré. Les managers ont dû se mettre en retrait et ne plus avoir un rôle de leader mais plutôt de soutien, ce changement n’est pas évident mais selon moi Lipton est en très bonne voie.

Il faut souligner aussi qu’il n’y a pas de commerciaux dans l’entreprise en charge de développer le business, nous avons un mode de fonctionnement différent. De plus, il y a beaucoup de transparence au sein du cabinet, nous avons accès aux appels d’offre, nous connaissons notre facturation et sommes associés à certaines décisions. Nous, consultants, co-construisons l’avenir de Lipton Fit au même titre que les managers du cabinet.

Question n°4 :

Pouvez-vous nous illustrer avec un cas concret vécu, le système de management mis en  place chez Lipton Fit ? En quoi est-ce différent des autres cabinets de conseil ?

Nous essayons de nous réunir régulièrement pour travailler sur différents sujets.

Il y a plus d’un an la personne qui s’occupait des ressources humaines est décédée et les personnes qui travaillaient avec lui étaient dans une mauvaise passe. Tous les collaborateurs se sont mobilisés pour  monter un projet pour développer nos méthodes de recrutement et réorienter le recrutement. Nous avons repris le travail de cette personne et nous avons essayé de comprendre comment elle travaillait afin de prendre le relai. Il y a vraiment eu un soutien de la part de tous les consultants, cela nous a paru naturel et nous n’étions pas obligés de le faire. Nous avons également pu participer au recrutement de Leila Bentabia qui est notre référente en termes de recrutement, mais elle ne fait pas que cela, elle fait bien d’autres choses au sein du cabinet.

Nous avons organisé des soirées pour faire connaître Lipton, activer le réseau, trouver des profils qui nous semblent pertinents c’est-à-dire qui sont adaptés à notre positionnement mais aussi des personnes qui nous ressemblent et qui partagent nos valeurs.

J’ai aussi eu l’opportunité de choisir de me positionner sur  une autre mission qui m’intéressait davantage: la mission de mes rêves. On m’a autorisé et laissé la liberté de gérer cet aspect-là: d’annoncer au client que je voulais participer à un autre projet.

Seulement, le client a mal pris la nouvelle et m’a enlevée du projet. Je suis alors retournée au siège et la PDG Nathalie Ezerzer m’a conforté dans mon choix, elle m’a dit que j’avais bien fait d’agir selon ma volonté, car c’était la mission de mes rêves et que je ne devais pas avoir de regrets d’avoir pris des risques. Dans d’autres cabinets, cette situation ne serait peut-être pas passée. On a vraiment droit à l’erreur. Et c’est bien connu que c’est en prenant des risques et en faisant des erreurs qu’on apprend.

 

Question n°5 :

Sur quel(s) critère(s) est basée la rémunération et les éventuelles promotions des employés ?

Il y a un comité salaire composé d’associés et de managers qui vont, de manière collégiale échanger autour de ce sujet. Le but étant d’être en mesure d’évaluer le niveau de métier et le niveau de maturité du consultant afin d’être en mesure de donner une rémunération objective. J’ai toujours eu des augmentations depuis que je suis arrivée dans le cabinet, dû au fait que je sois efficace dans ma mission et d’être très impliquée.

Il y a aussi des primes lorsqu’on coopte des personnes dans le cabinet car cela montre qu’on est impliqué, qu’on sait bien parler de Lipton FIT et qu’on s’y plait. Ce qui est bien c’est que ça nous plaît de faire ça et on est gratifié en plus, donc c’est un double bénéfice.

 

Question n°6 :  

Concrètement, comment cela se passe t-il en cas de licenciement ?

Un licenciement arrive très rarement car la DG est très sensible à ce genre de sujets. Ce ne sont pas forcément des choses que l’on communique (par respect pour la personne). Je sais qu’il y a eu une personne licenciée car cela n’allait vraiment pas avec elle. Il faut savoir également qu’il y a un certain contexte, la crise n’a, je crois, épargné personne, mais Lipton n’a jamais licencié de consultant dans ce contexte particulièrement difficile, même pour les gros groupes. Et je pense qu’il faut le souligner car c’est une volonté de la direction de Lipton FIT. Il y a eu aussi des départs naturels car des personnes vont chercher ailleurs pour un meilleur salaire ou une autre opportunité.

 

Question n°7 :

Quelles sont les valeurs que vous recherchez en priorité chez des futurs collaborateurs ? Comment sondez-vous ces qualités lors d’un entretien d’embauche ?

Comment se passe la prise de décision lors d’un recrutement ?

Le pilotage du recrutement est géré par une recruteuse Leila Bentabia, elle coordonne et centralise, mais les consultants sont présents en tant que soutien ou experts. Les entretiens de recrutement se font le plus souvent en binôme et tout le monde peut participer au recrutement. Les consultants sont assez souvent sollicités pour donner leur avis sur les candidats ou pour faire passer des entretiens. Notre principal canal reste la cooptation donc les consultants Lipton sont les premiers pourvoyeurs de candidats. Nous réalisons aussi des modules de formation sur le recrutement: comment lire un cv, comment faire passer un entretien. C’est davantage un partage d’expériences des uns et des autres et pas une formation RH en soit. Cela permet aux consultants de monter en compétences sur ce volet recrutement.

Les valeurs recherchées pour intégrer Lipton Fit sont le partage, l’esprit collectif et l’esprit d’initiative.

 

Question n°8:

Racontez nous, une difficulté rencontrée dans la mise en place d’une méthode agile et comment l’avez vous surmontée ?

Je n’ai pas eu spécialement de difficultés car j’aime bien ce mode de fonctionnement, mais une personne qui a besoin d’être suivie et leadée aura peut-être plus de difficultés.

Je connaissais le cabinet avant d’y travailler et je savais donc les difficultés qui pouvaient survenir mais je suis entrée en connaissance de causes.

Cependant, l’entreprise existe depuis 25 ans, il y a des anciens qui ont connu pendant des années le management top down, la conduite du changement est moins évidente que pour les nouveaux arrivants,  il faut du temps pour que les personnes adhèrent. Ces personnes sont plus en retrait. Ce que j’apprécie également c’est qu’on respecte le rythme de chacun, les consultants ont également cette liberté de gérer leur degré d’implication en fonction de leurs envies et priorités mais aussi en fonction des personnes. Avoir la liberté d’entreprendre au sein du cabinet c’est aussi important que de respecter le rythme de chacun.

 

Question n°9 :

Si vous pouviez revenir en arrière, est-ce que vous feriez des choses différemment ?

Non je ne suis pas tournée vers le passé, je suis davantage tournée vers l’avenir. Toute expérience est bonne à prendre même si ma dernière mission était assez difficile mais c’était liée à l’environnement. Et j’ai tout de même appris beaucoup de choses.

 

Question n°10:

Comment envisagez-vous l’avenir pour le management de votre entreprise ? 

Selon moi, le management libéré est l’avenir, le management top down ne marche plus, surtout avec les nouvelles générations. Le management top down a tendance à brider l’innovation or dans un monde où des petites startup innovent tous les jours, les plus ancienne (petites et grosses) entreprises doivent être tournées vers l’avenir et apprendre à encourager l’innovation en interne.

Les méthodes de travail sont en train d’évoluer également avec de moins en moins de tâches manuelles, plus de robotisation.

Selon moi il faut pouvoir s’adapter et évoluer vers de nouvelles formes de management plus participatif.

Cela permet de fidéliser les collaborateurs, de les rendre plus heureux, plus autonomes et de les rendre parties prenantes dans l’entreprise.

Interview réalisée par Clara Kotlowski

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